BAMAKO, Mali, 28 août 2008 - Plus de 85% des femmes maliennes subissent l'excision. Et aucune loi n'existe pour faire face à ce fait, bien qu'une législation contre cette pratique ait été adoptée en 2002. L'excision peut entraîner la mortalité maternelle et infantile, des infections, la stérilité, des dommages psychologiques et physiques. Mais les effets néfastes de la violation des droits fondamentaux des filles et des femmes ne se limitent pas à l'aspect physique.
Avec le financement de La République fédérale d'Allemagne par l'intermédiaire de la KfW Entwicklungsbank (la banque allemande de développement), PSI/Mali s'efforce de réduire l'incidence de l'excision. Elle s'est associée au comité national du Mali - le Programme national de lutte contre l'excision (PNLE) - en 2007 et a lancé le premier spot télévisé jamais diffusé sur l'excision, qui traite de la stigmatisation des femmes non excisées dans le pays.
Cette année-là, les efforts se sont poursuivis pour lutter contre la croyance largement répandue selon laquelle l'excision est obligatoire pour les adeptes de l'islam. L'ISP/Mali et ses partenaires ont organisé un atelier intitulé “L'Islam et l'excision, selon le Coran et les Hadiths”. Des experts et des responsables des huit régions du pays, ainsi que de Côte d'Ivoire et de l'Université Al Azar d'Égypte, ont participé à cet événement.
Le PNLE et l'ISP/Mali ont alors recruté Karamoko Befo, un prédicateur musulman bien connu au Mali, pour en faire leur porte-parole contre l'excision. Befo avait auparavant affirmé publiquement que l'excision était obligatoire pour les familles musulmanes, mais après une étude plus approfondie du Coran et des hadiths, il a changé d'avis.
PSI/Mali a collaboré avec le Befo pour mettre au point une campagne médiatique axée sur les origines de l'excision, l'absence de preuves dans le Coran que l'excision est obligatoire et que les filles du prophète ont été excisées, et les conséquences médicales de la procédure. La campagne, lancée en mai, utilise des programmes radio pour diffuser des messages contre l'excision.
La campagne a suscité un débat sur l'internet, dans la presse locale et à la radio. Afin d'ouvrir davantage le dialogue sur l'excision, plusieurs émissions de radio ont été diffusées pour permettre aux auditeurs d'exprimer leur opinion.
Le Ministre de la Promotion de la Femme, de l'Enfant et de la Famille, le PNLE et des ONG locales et internationales ont demandé à l'ISP/Mali de poursuivre ses campagnes de communication contre l'excision.
Dans le cadre de ses futurs programmes, PSI/Mali prévoit de développer des spots télévisés pour sensibiliser à l'impact négatif de l'excision sur la santé et de développer un kit comprenant du matériel et des suggestions d'activités pour promouvoir l'abandon de l'excision.